Ordinateur et plantes. Image de la banque d'image Unsplash

7 gestes simples pour réduire son empreinte numérique

Depuis que je m’intéresse à l’écologie, et plus particulièrement à l’éco-conception de par mon métier, ainsi que l’impact du numérique sur l’environnement, j’ai cherché comment réduire son empreinte numérique ; que cela soit dans mon utilisation personnelle ou professionnelle.

Bien qu’invisibles et impalpables, les données que l’on échange sur internet sont en réalité très énergivores. Ces dernières sont traitées et stockées dans des centres de données, alimentés 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, partout dans le monde. On estime qu’il existe entre 5 à 7 milliards d’appareils connectés dans le monde (PC, tablettes, smartphones, objets connectés,…), 45 millions de serveurs, et pas moins de 800 millions d’équipements réseau. En moyenne, une donnée numérique parcourt 15 000 km avant d’arriver à bon port, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). A l’échelle mondiale, le numérique est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre… Ce qui représente cinq fois plus que l’ensemble du parc automobile français. De quoi donner le vertige !

Il est assez compliqué d’estimer son empreinte carbone numérique personnelle. Cependant, voici quelques conseils, outils et gestes à mettre en place, que j’applique au quotidien. Il peuvent aider à réduire son empreinte numérique, et à avoir une consommation plus responsable de cet incroyable outil.

S’occuper de sa boîte mail

Vous aussi, vous avez une boîte mail (ou plusieurs) avec un nombre incalculable d’emails non-lus ? Des newsletters à n’en plus finir ? Les conserver consomme de l’énergie inutilement puisqu’ils sont stockés dans des datacenters.

Alors, que faire au niveau de sa boîte mail ?

  • Trier régulièrement ses mails. La première fois, c’est juste très très long. Mais si vous le faites régulièrement, cela ne vous prendra que quelques secondes. Personnellement, je ne garde que les emails auxquels j’ai besoin de pouvoir accéder de n’importe quel appareil ; par exemple, des billets pour une réservation de voyage, des factures,…
  • Se désabonner des newsletters inutiles. On se retrouve très souvent abonné à des newsletter « à notre insu » en créant un compte sur un site. Déjà, n’hésitez pas à faire attention lors de votre inscription que vous ne vous inscrivez pas à une newsletter. Et au fur et à mesure que vous recevez des newsletters, désabonnez-vous. Légalement, vous devriez pouvoir le faire facilement à l’aide d’un lien présent dans le pied du mail.
    Je vous conseille également l’outil CleanFox.io qui vous aidera à faire le tri dans vos newsletters !
  • Vider la corbeille et les spams. Car oui, il serait dommage de faire le tri, mais de ne pas vider la corbeille derrière ! Pour information, la suppression de 30 mails est l’équivalent, en terme d’économie de consommation électrique, d’une ampoule allumée durant une journée entière.
  • Eviter au maximum les pièces-jointes. Et surtout, n’hésitez pas à les compresser avant envoi. Ou encore, à passer par des plateformes de partage en ligne. Cela diminue les aller-retour du fichier, vous permet de l’avoir en meilleur qualité, et de le partager avec plusieurs personnes.
  • Avoir une signature simple et légère. Si vous pouvez éviter de mettre une image en signature, c’est top. Sinon, pensez à la mettre en basse définition.
  • Diminuer le nombre de destinataires d’un mail. Envoyer un e-mail consomme autant d’énergie que de le stocker pendant 1 an… Alors imaginez lorsqu’un email est envoyé à plusieurs personnes. Surtout que la plupart des temps, les personnes en copie par exemple ne liront même pas ce mail !

Utiliser un moteur de recherche écologique

Il existe pas mal d’alternatives à Google, notamment Ecosia. C’est un moteur de recherche allemand, partenaire avec Bing et Yahoo. Ils ont une politique zéro émissions de carbone, et compensent le CO2 émis par les recherches en faisant appel à l’organisation Myclimate pour réduire son empreinte numérique. Nous pouvons aussi mentionner Lilo, plutôt axé humanitaire, ou encore Ecogine, moteur de recherche français, qui semble utiliser les algorithmes de Google. J’avoue ne pas avoir testé ce dernier au moment où j’écris cet article.

Pour mon utilisation personnelle, j’ai choisi d’utiliser Ecosia afin d’effectuer (le plus rarement possible) des recherches sur internet. Par contre, dans un cadre professionnel, je continue d’utiliser Google. On ne va pas se mentir, Google reste le moteur de recherche le plus efficace. La recherche représentant une grande partie de mon activité, les moteurs de recherche écologiques ne m’ont pas donné entière satisfaction… Je vais tout de même tester Ecogine dans le cadre de mon travail.

Si vous choisissez de continuer à utiliser Google, voici quelques conseils pour tout de même réduire votre impact lors de vos recherches :

  • Diminuer le nombre de mots-clefs. En utilisant des mots-clef précis, cela permet de limiter la sollicitation des serveurs de moteur de recherche. Et donc la consommation d’énergie.
  • Mettre les sites que vous consultez le plus en favoris. Ce geste simple vous permettra de gagner du temps, mais aussi d’utiliser 4 fois moins d’énergie que si vous faisiez une requête via un moteur de recherche. Une requête vous fera solliciter l’aide d’un serveur, qui lui-même consommera de l’énergie pour répondre à votre requête. En mettant votre site en favori, vous n’aurez pas besoin de l’utilisation d’un serveur, et donc de consommer cette énergie.

Mode sombre ou mode clair ?

Certains vont diront qu’activer le mode sombre consomme moins d’énergie, d’autres vous diront qu’au contraire cela en consomme plus… Alors du coup, mode sombre ou mode clair ?

Et le gagnant est… Eh bien en fait, cela dépend de votre écran 🙂

Activer le mode sombre lorsque vous utilisez un écran OLED diminue la consommation d’énergie, car dans le cas de cette technologie, les pixels ne s’allument tout simplement pas.

Suite à mes recherches, j’ai cru comprendre que le mode sombre n’avait pas tant d’impact que cela sur les écrans LCD, puisque les pixels ont besoin d’un rétro éclairage même si les pixels sont noirs.

Vous pouvez également diminuer la luminosité de vos écrans. Déjà, vos yeux vous remercierons. De plus, la luminosité élevée de nos différents appareils consomme énormément de batterie, ce qui la dégrade plus rapidement. Pour prolonger la durée de vie de vos appareils, n’hésitez pas à utiliser le mode Economie d’énergie présente sur différents systèmes d’exploitation, ou de diminuer leur luminosité. Cela vous permettra également de recharger vos appareils moins souvent.

Privilégier le local au Cloud

Pour nous permettre d’accéder depuis n’importe quel appareil et à n’importe quel moment, le stockage en ligne de nos e-mails, photos, vidéos, musiques,… impose des aller-retours incessants entre notre terminal et les serveurs. Cela consomme beaucoup d’énergie, surtout lorsqu’il s’agit de données qui peuvent être stockées localement.

S’il s’agit d’un fichier dont vous n’avez pas souvent besoin, privilégiez l’utilisation d’un disque dur externe ou d’une clef USB. Les disques durs externes de grande capacité sont de plus en plus accessibles. Ils vous permettent d’accéder à vos données plus rapidement, sans avoir besoin d’internet et de réduire son empreinte numérique.

Privilégier une police d’écriture écologique

Il va sans dire que pour réduire son empreinte écologique, il vaut mieux éviter l’impression de document. Cependant, si l’impression d’un document ne peut être évitée, je vous conseille d’utiliser une police d’écriture écologique ; cela permettra d’économiser de l’encre lors des impressions. Vous jetterez moins de cartouche d’encre, donc vous limiterez votre impact environnemental. Egalement utile dans vos documents, puisque ces polices plus fines permettent de mettre plus de mots dans une page.

Ceci dit, je me pose des questions au niveau de l’accessibilité de ces polices, notamment en terme de lecture et de contraste pour des personnes atteintes de déficiences visuelles.

Voici quelques polices écologiques que j’utilise, notamment dans mes documents de travail :

  • Ryman Eco : Je trouve cette police absolument magnifique sur des titres ! Elle serait 33% plus économique qu’une police d’écriture classique.
  • Ecofont : Elle permettrait d’économiser 28% d’encre grâce aux petits trous présents dans les caractères.
  • Garamond : Elle permettrait d’économiser 24% d’encre. Bien qu’elle ne soit pas forcément éco-conçue, c’est une police d’écriture assez classique et passe partout !

Le streaming raisonné

En 2015, le streaming vidéo a capté 63% du trafic web mondial. Si comme moi vous êtes un adepte de Spotify, Netflix, ou autre plateforme de streaming… N’hésitez pas à préférer le téléchargement (légal bien sûr) au streaming lorsque cela est possible. En effet, le serveur ne transmettra les données qu’une seule fois dans le cas d’un téléchargement. Dans le cas du streaming, cela implique un flux continu de données qui est très énergivore.

  • Spotify (et j’imagine, les autres plateformes de streaming audio) vous permet de télécharger des titres ou des playlists en local sur votre appareil.
    J’ai créé une playlist avec tous les titres que j’écoute le plus régulièrement où j’ai activé le téléchargement automatique. A chaque fois que j’y ajoute un titre, il est téléchargé sur mon appareil.
  • Netflix permet de télécharger certaines séries et films directement sur votre smartphone. Cela vous évite en plus d’utiliser la 4G, qui consomme beaucoup plus d’énergie que le wifi.

Dans tous les cas, streaming ou téléchargement, préférez l’utilisation du wifi ! Et n’hésitez pas à baisser la résolution de vos vidéos si vous les regardez sur votre smartphone. La HD ne vous apportera pas grand chose de plus sur un si petit écran. Ce ne sont que de petits gestes, mais qui permettent tout de même de réduire son empreinte numérique.

Nettoyer ses réseaux sociaux

Une partie dont on entend étrangement très peu parler. Pourtant, nettoyer ses réseaux sociaux est la suite logique de beaucoup de points abordés dans cet article pour réduire son empreinte numérique. Je ne vais pas vous rabâcher tout ce que j’ai dit précédemment concernant les serveurs, les images,… Alors voici ce que je fais régulièrement pour nettoyer mes réseaux sociaux :

  • Twitter : Saviez-vous que Twitter est l’un des réseaux sociaux les plus polluants ? N’hésitez pas à supprimer régulièrement vos anciens tweets. Personnellement, je supprime la totalité de mes tweets tous les ans grâce à des outils comme Tweet Deleter. J’apprécie particulièrement cet outil en ligne, car il permet vraiment de trier les tweets à supprimer selon plusieurs critères : date, présence ou non de médias,… contrairement à d’autres outils qui se contentent de tout supprimer.
  • Instagram : Comme Twitter, je supprime régulièrement mes plus anciennes photos, celles qui ne correspondent plus à mon esthétique,… Je le fais à la main car je n’ai que très peu de photos sur mon compte, mais il existe également des outils qui peuvent vous permettent de supprimer ces photos plus rapidement 🙂
    Sachez également que vos stories sont automatiquement archivées. N’hésitez pas à décocher cette option si vous le souhaitez dans Archives > Archives de stories > ••• > Paramètres.

Voilà pour ces gestes simples qui vous permettront de réduire votre empreinte numérique. Il en existe sûrement plein d’autres, mais ce sont ceux que j’ai personnellement mis en place dans mon quotidien. N’hésitez pas en commentaires à me parler de vos gestes !

2 réflexions sur “7 gestes simples pour réduire son empreinte numérique”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.